Projet AlgoPlast

ALGOPLAST: Bioplastique et Algoculture Villageoise à Madagascar

Résumé

Madagascar est un pays en voie de développement dont les activités maritimes jouent un rôle primordial dans la vie sociale et économique des habitants. L’équipe malgacho-belge du présent projet a été un des acteurs importants dans le développement d’aquacultures villageoises innovantes, dont l’algoculture qui a vu en dix ans une croissance exponentielle du nombre de villageois devenus algoculteurs.

L’algue aquacultivée à Madagascar est la Cottonii. Sa production est vouée à l’exportation vers des pays industrialisés pour l’extraction des carraghénanes qui interviennent dans la fabrication de liants alimentaires et cosmétiques, ce qui impose actuellement un caractère exclusif et monopolistique au produit final généré. Le développement de l’algoculture villageoise est toujours très précaire sur Madagascar et est gravement menacé par l’apparition d’une maladie, l’Epiphytic Filamentous Algal Disease (EFAD). Une fois déclarée, cette maladie dévaste la production des villages en quelques semaines. Notre équipe a analysé cette maladie au cours d’un projet précédent et il s’avère que sans un arrêt complet de la production à l’endroit infesté, l’épidémie devient inévitable. Il n’y a aucun moyen actuellement d’éradiquer cette maladie dont l’agent responsable, une algue microscopique épiphyte, se retrouve sous forme de spores dans l’eau et dans les substrats.

Par ailleurs, il existe dans les eaux malgaches une autre algue aquacultivable, la Spinosum, non utilisable sur le marché actuel des carraghénanes car elle est beaucoup moins valorisable dans le cadre de cette filière. Cette algue a cependant une croissance plus rapide et résiste beaucoup mieux à l’EFAD.

Objectifs

Le présent projet a pour objectif d’évaluer et de tester, à l’échelle d’une unité-pilote sur Madagascar, le potentiel économique, social et environnemental d’une activité innovante portant sur la confection de bioplastiques, en particulier des sacs et des films de paillage biodégradables, confectionnés à partir des deux algues aquacultivées. Cette activité permettrait de sortir de la situation monopolistique de l’exploitation de la Cottonii pour la production de carraghénanes et d’assurer aux algoculteurs une production alternative à base de Spinosum lorsqu’ils sont confrontés à l’EFAD.

Le projet financé par l’Académie De Recherche Et D’Enseignement Supérieur (ARES), Belgique pour une durée de 5 ans.

Highlights

ALGOPLAST est un Projet de Recherche pour le Développement (PRD) financé par l’ARES-CCD

Le projet, porté par le Laboratoire Biologie des Organismes Marins et Biomimétismes, de l’Université de Mons et l’Institut Halieutique et des Sciences Marines, de l’Université de Toliara.

C’est un projet Interuniversitaire impliquant 4 Universités, dont deux malagasy (Université de Toliara et Université d’Antananarivo) et deux Belges (Université de Mons et Université de Liège)

Le projet est mise en œuvre avec des partenaires privés et ONG, notamment la société Ocean Farmers et l’ONG Entraide et Fraternité


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Equipe

Organigramme de l’équipe du projet

Brève historique du développement de l’algoculture à Madagascar

L’algoculture a démarré, à Madagascar, en 1991 grâce à l’initiative de l’IH.SM associé dans sa démarche à la société BIOMAD. L’espèce cultivée est l’algue rouge Kappaphycus alvarezii, aussi connue sous le nom vernaculaire de Cottonii. Suite à une tempête en 1992, les plantations ont été détruites et il y a eu une interruption de cette activité jusqu’en 1996. En septembre 1997, l’algoculture a été relancée dans la région du sud-ouest malgache mais les résultats ont été mitigés et l’activité ne s’est pas développée. En 1998, une nouvelle souche de Cottonii en provenance de Zanzibar (origine au départ : Philippines) a été introduite à Madagascar, puis cultivé à Nosy Ankao (une île au nord-est de Madagascar) par la société Ibis Madagascar. Cette société a produit 80 t sèches de Cottonii en 2000, pour atteindre 1.645 t sèches en 2009. Cependant la maladie Epiphytic Filamentous Algal Disease ou EFAD est apparue et a causé une baisse de 50% de la production en 2010. Cela a découragé les fermiers d’où la fermeture de la société en 2011.

Dans le sud-ouest de Madagascar, la société Copefrito de Toliara a lancé la production de la Cottonii en 2010. De cette première société a bourgeonné début 2017, Ocean Farmers, une société privée exclusivement basée sur l’exportation d’algues sèches. Ocean Farmers est actuellement la plus importante société de la filière sur Madagascar et a produit et exporté quelque 1.000 tonnes d’algues séchées en 2017. Elle travaille étroitement avec des communautés villageoises (algoculteurs) où 1.700 foyers (environ 3.500 villageois) sont maintenant impliqués dans l’algoculture dans plusieurs dizaines de villages (Copefrito totalisait 164 villageois en 2010).